DeepMind propulse l'Atlas de Boston Dynamics

Robotique
DeepMind Powers Boston Dynamics' Atlas
Boston Dynamics a annoncé au CES 2026 que son humanoïde Atlas de série intégrera les modèles Gemini Robotics de Google DeepMind, avec des déploiements de recherche dès cette année et une phase industrielle avec Hyundai dès 2028.

Sur la scène du CES, un robot familier a rencontré un nouveau cerveau

Lors du Consumer Electronics Show à Las Vegas le 5 janvier 2026, Boston Dynamics a dévoilé un humanoïde Atlas prêt pour la production et a annoncé, dans la foulée, un partenariat de recherche formel avec Google DeepMind afin d'intégrer les modèles fondateurs Gemini Robotics du laboratoire d'IA à la nouvelle plateforme. Cette initiative associe des décennies de génie mécanique et de contrôle dynamique de Boston Dynamics à la récente poussée de DeepMind dans l'IA incarnée et multimodale — une tentative explicite de faire accomplir un travail utile à un humanoïde hautement performant, et non plus seulement des démonstrations éblouissantes.

Partenariat et plateforme

L'intention technique est simple sur le papier : laisser Boston Dynamics fournir le « muscle » — membres articulés, mains capables d'exercer une force, capteurs embarqués et contrôle des mouvements en temps réel — et donner à ces systèmes une couche de raisonnement de plus haut niveau issue de DeepMind, capable de perception, d'ancrage linguistique et de planification des tâches au niveau opérationnel. Boston Dynamics a déclaré que la recherche se concentrera sur l'intégration des modèles fondateurs « Gemini Robotics » avec Atlas pour permettre des comportements robustes et polyvalents en milieu industriel ; les dirigeants de Google DeepMind ont décrit le programme comme une étape vers un modèle fondateur robotique capable de généraliser à travers diverses tâches.

Cette combinaison reflète une tendance dans la recherche en robotique : séparer la locomotion et la manipulation de bas niveau (où Boston Dynamics excelle) de la compréhension de scènes de plus haut niveau et de la prise de décision séquentielle (où les grands modèles multimodaux et l' apprentissage par renforcement ont fait des progrès rapides). Les modèles récents de DeepMind sont explicitement multimodaux — conçus pour combiner vision, langage et action — et disposent de variantes optimisées pour le fonctionnement local et le raisonnement incarné. L'intégration de ces capacités à un Atlas capable de marcher, de soulever et d'atteindre des objets pourrait réduire l'écart entre les démonstrations de laboratoire et un déploiement industriel fiable.

Atlas passe du laboratoire à la production

Boston Dynamics a présenté l'Atlas exposé sur scène comme un humanoïde entièrement électrique de qualité industrielle. L'entreprise a déclaré avoir commencé la fabrication de la version commerciale d'Atlas et que les premières flottes sont réservées pour des livraisons en 2026 aux installations de robotique de Hyundai et à Google DeepMind pour la recherche conjointe. Boston Dynamics a décrit ce robot d'entreprise comme étant conçu pour la constance et la fiabilité dans les tâches industrielles, capable de fonctionner par téléopération, par pilotage sur tablette ou de manière autonome une fois formé.

Les rapports de l'industrie et la couverture médiatique ont apporté des détails pratiques : Hyundai Motor Group, qui détient une participation majoritaire dans Boston Dynamics, prévoit de déployer des humanoïdes dans son usine américaine dès 2028 pour gérer le séquençage des pièces et d'autres tâches sur les lignes de montage, avec une intégration plus large prévue d'ici 2030. Boston Dynamics a précisé qu'Atlas peut soulever des charges significatives et possède une portée conçue pour correspondre aux espaces de travail humains, mettant l'accent sur la durabilité pour les environnements d'usine réels. Ces engagements lient directement le partenariat de recherche à des objectifs de fabrication plutôt qu'à de simples démonstrations de recherche.

Ce que les robots feront concrètement

En termes pratiques, les entreprises envisagent qu'Atlas s'occupe de tâches répétitives, exigeantes sur le plan ergonomique ou sensibles en matière de sécurité, qui sont encore difficiles à automatiser totalement avec des robots industriels conventionnels. Boston Dynamics et Hyundai ont décrit des rôles initiaux tels que le séquençage de pièces dans une usine de véhicules électriques — le positionnement ou la préparation de composants pour des techniciens humains ou des stations automatisées. La combinaison d'une mobilité dynamique et d'une planification de haut niveau est censée permettre aux humanoïdes de travailler au contact des personnes et dans des environnements changeants, plutôt que dans des cellules robotisées étroitement cloisonnées.

Même avec une IA avancée intégrée, le parcours de déploiement décrit par les entreprises est progressif : le personnel téléopérera ou supervisera les robots dans un premier temps ; au fil du temps, les mises à jour logicielles et l'entraînement des modèles pousseront le comportement vers une plus grande autonomie. Cette approche hybride — supervision humaine avec passage de relais graduel — est l'actuel standard de l'industrie pour réduire les risques tout en augmentant les capacités.

Sécurité, surveillance et débat public

L'annonce n'a pas mis le projet à l'abri des critiques. Les observateurs et les journalistes présents au CES ont signalé que la sécurité et les préoccupations liées au travail étaient des enjeux politiques immédiats : des robots à l'apparence humaine se déplaçant librement soulèvent des questions sur la sécurité au travail, la responsabilité en cas d'erreurs, et la manière de protéger les emplois et les droits des travailleurs humains. Google et Boston Dynamics affirment qu'ils mettront l'accent sur les protocoles de sécurité, les tests restreints et une gouvernance rigoureuse des données pendant les phases de recherche et de déploiement, mais les critiques préviennent que les lacunes réglementaires doivent être comblées avant une utilisation industrielle généralisée.

Ces débats ne sont pas hypothétiques. Les décideurs politiques et les syndicats ont déjà ouvert des discussions sur l'automatisation à grande échelle dans l'industrie, et les investissements considérables de Hyundai dans la robotique soulignent le potentiel de changement rapide dans les effectifs et les flux de travail des usines. Boston Dynamics et ses partenaires devront démontrer non seulement qu'Atlas peut travailler de manière fiable, mais aussi que les déploiements améliorent la sécurité et la productivité sans dégrader injustement les normes du travail.

Pourquoi les modèles fondateurs pour robots sont différents

Les grands modèles de langage et de vision ont fait des progrès frappants entre 2023 et 2025, principalement dans des domaines virtuels : chat, synthèse d'images, recommandation et aide à la décision hors ligne. Traduire ces capacités en actions physiques ajoute des couches de complexité. Le robot doit percevoir avec précision dans un éclairage bruyant et variable ; il doit synchroniser les forces et les contacts avec précision ; et il doit traduire des objectifs abstraits en commandes motrices respectant la physique d'un corps articulé. Un modèle fondateur pour la robotique nécessite donc non seulement de la prédiction, mais aussi un étalonnage incarné, un contrôle en boucle fermée rapide et des systèmes de sécurité intégrés pour les opérations riches en contacts.

Les variantes Gemini Robotics de DeepMind sont conçues avec ces contraintes à l'esprit : entrées multimodales, pipelines d'entraînement par apprentissage par renforcement et options d'inférence locale pour réduire la latence. Cependant, adapter le modèle à un robot Atlas nécessite une collecte de données étendue et un travail de transfert de la simulation à la réalité — une ingénierie chronophage même lorsque l'IA sous-jacente s'avère prometteuse. Les premiers travaux de DeepMind et Boston Dynamics se concentreront donc sur la construction de ces ponts plutôt que sur une autonomie complète immédiate.

Contexte industriel et prochaines étapes

L'annonce de DeepMind et Boston Dynamics s'inscrit dans un moment plus large pour l'industrie : les constructeurs automobiles, les laboratoires d'IA et les entreprises de robotique convergent de plus en plus vers l'idée de l'« IA physique » — combinant perception, planification et conception mécanique pour s'attaquer à des tâches du monde réel. Le soutien financier de Hyundai et son engagement à déployer des robots à grande échelle signalent que le secteur automobile voit les humanoïdes comme un outil stratégique à long terme plutôt que comme une curiosité de recherche. Parallèlement, l'implication de DeepMind — et l'histoire de Google avec Boston Dynamics — donne au programme un partenaire technique de premier plan et un accès à des outils d'IA avancés.

À court terme, on peut s'attendre à ce que la collaboration produise des jeux de données, des tâches de référence et des améliorations incrémentielles de capacités qui seront partagés de manière sélective avec des partenaires de recherche et des premiers clients industriels. Les démonstrations publiques et les pilotes contrôlés — comme la démo en direct au CES et les essais en usine à venir — façonneront la perception du public autant que les progrès techniques sous-jacents.

En résumé : ce partenariat signale que les entreprises de robotique considèrent désormais les modèles fondateurs comme une infrastructure nécessaire pour faire passer les humanoïdes de la chorégraphie au travail constant et répétitif. L'issue est incertaine — les défis techniques et sociaux restent de taille — mais le décor est planté pour un test intense et aux enjeux élevés visant à déterminer si l'IA moderne peut entrer de manière sûre et productive dans les lieux de travail physiques où la plupart des gens passent leur vie active.

Sources

  • Documents de presse de Boston Dynamics (annonce de la production d'Atlas, blog sur le partenariat)
  • Documents de recherche et de produits de Google DeepMind (Gemini Robotics)
  • Documents de presse et annonces de fabrication de Hyundai Motor Group
Mattias Risberg

Mattias Risberg

Cologne-based science & technology reporter tracking semiconductors, space policy and data-driven investigations.

University of Cologne (Universität zu Köln) • Cologne, Germany

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Readers Questions Answered

Q Quelle est la collaboration annoncée au CES 2026 ?
A L'annonce associe le robot humanoïde Atlas de Boston Dynamics, prêt pour la production, aux modèles de fondation Gemini Robotics de Google DeepMind pour fonctionner sur Atlas. Le plan prévoit des déploiements de recherche formels à partir de 2026 et des déploiements industriels avec Hyundai dès 2028, visant à ajouter une perception de haut niveau, un ancrage linguistique et une planification tout en exploitant les capacités mécaniques d'Atlas.
Q Quel rôle jouera Gemini Robotics avec Atlas ?
A Gemini Robotics fournit un raisonnement de haut niveau : perception, ancrage linguistique, planification des tâches et prise de décision incarnée, le tout livré sous la forme d'un modèle de fondation qui opère avec la mobilité et la manipulation d'Atlas. Les modèles sont multimodaux, avec des variantes pour l'inférence sur l'appareil et le raisonnement incarné, conçus pour s'intégrer à Atlas via un contrôle en boucle fermée piloté par les données.
Q Quels sont les engagements de Hyundai concernant Atlas ?
A Hyundai Motor Group s'est engagé à déployer des humanoïdes Atlas dans son usine américaine à partir de 2028 pour gérer le séquençage des pièces et d'autres tâches sur la chaîne de montage, avec une intégration plus large prévue d'ici 2030. Les premières flottes de production sont déjà destinées aux installations de Hyundai et à la recherche conjointe avec Google DeepMind, alignant ainsi le déploiement en usine sur la collaboration de recherche.
Q Comment l'approche de déploiement est-elle conçue pour gérer les risques ?
A Le plan de déploiement privilégie une transition progressive, le personnel téléopérant ou supervisant Atlas dans un premier temps, suivi de mises à jour logicielles et d'un entraînement des modèles visant à accroître l'autonomie du comportement. Des protocoles de sécurité, des tests restreints et une gouvernance rigoureuse des données sont mis en avant pour répondre aux préoccupations concernant la main-d'œuvre, la responsabilité et la sécurité au travail pendant la phase de recherche et de déploiement.

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