Les dossiers OVNI du Pentagone signalent une mystérieuse « pomme de terre » au-dessus du Colorado — une explication peu convaincante

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Pentagon UFO Files Report a Mystery Potato Hovering Over Colorado — and the Answer Remains Unconvincing
La troisième publication de documents sur les PAN du Pentagone inclut l'observation, en 2022, d'un objet translucide en forme de pomme de terre au-dessus de Cheyenne Mountain. La théorie de la « rétrodiffusion » avancée par le gouvernement manque de fiabilité, laissant le cas non résolu.

Cinq soldats de l'armée américaine près de Fort Carson, dans le Colorado, observaient Cheyenne Mountain un après-midi d'hiver 2022 lorsqu'ils ont vu quelque chose qui n'avait rien à faire là : une mystérieuse pomme de terre en train de planer au-dessus du pic granitique le plus célèbre du Colorado. C'était un objet imposant, à la forme étrange et au blanc miroitant — un objet crémeux et opalescent qui semblait rester immobile avant de disparaître de la vue. L'un des témoins, un ancien officier du renseignement militaire, a déclaré plus tard au FBI que sa surface se déplaçait par ondes lentes et irrégulières alors que l'objet lui-même restait parfaitement immobile. Puis, au bout de deux minutes environ, il s'est évaporé comme s'il s'était rendu invisible plutôt que de s'envoler. Ce signalement, daté du 15 février 2022, fait désormais partie de la troisième série de dossiers officiels sur les ovnis publiée par le Pentagone vendredi, en vertu d'un décret présidentiel de la Maison-Blanche. Les analystes ont une théorie. Ils ne l'apprécient guère.

La mystérieuse pomme de terre planant au-dessus de Cheyenne Mountain

L'incident, enregistré comme un « rapport sur un PAN non résolu », figure parmi les 72 documents, images et enregistrements que le Pentagone a téléchargés sur son portail. Cinq militaires ont déclaré avoir vu un objet au-dessus de Cheyenne Mountain, l'emblématique bunker de la guerre froide creusé profondément dans la roche, alors qu'ils opéraient près de Fort Carson. Selon le rapport initial, il est resté en vol stationnaire pendant trois minutes, d'un blanc scintillant et translucide, avec une surface semblable à des panneaux qui changeait lentement de forme. Aucun aéronef ni ballon n'opérait dans la zone à ce moment-là, et les vérifications ultérieures n'ont trouvé aucune preuve que l'objet était un véhicule connu ou une menace.

Un document distinct du FBI va plus loin. Dans un entretien avec l'un des témoins, l'objet est décrit sans détour comme ayant une « forme de pomme de terre ». Le témoin, un ancien officier du renseignement militaire, se souvient d'une couleur blanc crème et de panneaux irréguliers se déplaçant par ondes lentes tandis que la pomme de terre elle-même restait rigide. L'objet a ensuite disparu instantanément, comme s'il s'était « camouflé ». Le FBI a par la suite produit une interprétation artistique — un rendu numérique qui ressemble à un croisement entre un nuage bosselé et un œuf mal épluché. Cette image, dérivée du récit direct du témoin, circule désormais aux côtés de l'analyse plus sobre du Pentagone.

Lumière du soleil, neige et faible niveau de confiance

C'est un aveu crucial. « Faible niveau de confiance » est l'expression utilisée lorsqu'on préfère ne pas être cité. Cela signifie que l'hypothèse de la rétrodiffusion est plausible sur le papier, mais fragile dans la pratique. Les témoins ont décrit une forme — une pomme de terre — dont la texture de surface changeait tout en restant parfaitement stationnaire, puis qui s'est évaporée d'un coup. Une réflexion diffuse sur des nuages ne produit généralement pas d'illusions géométriques nettes qui évoluent pendant des minutes avant de disparaître. Le langage même du rapport trahit le fossé : « les enquêteurs ont indiqué qu'ils avaient un faible niveau de confiance dans cette conclusion ». À ce jour, l'affaire demeure officiellement non résolue.

La mystérieuse pomme de terre planant au-dessus du Colorado a-t-elle une explication naturelle ?

L'étiquette de faible confiance soulève une question plus épineuse : si un groupe de militaires américains entraînés peut fixer une montagne pendant trois minutes sans réussir à s'accorder sur ce qu'ils ont vu, quelle est l'utilité d'une analyse de bureau à distance réalisée des mois plus tard ? L'hypothèse de la rétrodiffusion est, par essence, une conjecture météorologique appliquée à une anomalie sensorielle. Elle s'appuie sur l'absence d'autres preuves — pas de détection radar, pas d'aéronefs dans la zone — plutôt que sur une identification positive. C'est la procédure standard pour les phénomènes aériens inexpliqués (PAN), mais elle semble particulièrement légère lorsque les témoins incluent un officier du renseignement habitué à interpréter ce qu'il voit.

L'optique atmosphérique peut produire des illusions saisissantes, du spectre de Brocken aux mirages complexes. Pourtant, ces phénomènes sont généralement transitoires et ne génèrent pas de signalements concernant un objet solide, lentement morphable et fixe pendant plusieurs minutes. Le rapport lui-même reconnaît l'incertitude, notant que sans meilleures données météorologiques et des angles d'observation précis, l'explication par la rétrodiffusion est un remplissage, et non une découverte. Le Pentagone a en fait déclaré : nous ne savons pas ce que c'était, mais voici une façon dont cela aurait pu ressembler à quelque chose. Pour une agence qui se targue d'évaluer les menaces, c'est une posture étonnamment évasive.

Le blitz de transparence et ses limites

L'observation de la pomme de terre n'est pas l'élément le plus étrange de cette troisième publication. Les fichiers incluent des observations d'orbes datant de 2023 dans l'ouest des États-Unis, où des agents fédéraux ont rapporté des lumières brillantes qui « accéléraient instantanément et manœuvraient avec une coordination parfaite et fluide ». Un agent a rappelé que son partenaire lui avait demandé : « Tu vois ça ? » tandis qu'une lumière orange vive expulsait des orbes plus petits, comme des grains de raisin sortant d'un ballon de basket. Une autre vidéo, tournée dans le nord-est des États-Unis en 2025, montre deux lumières brillantes se déplaçant en tandem, décrites par les témoins comme silencieuses, fluides et volant en formation. Un rapport de la CIA de 2008 sur un ovni au-dessus de l'aéroport de Harare au Zimbabwe, avec des lumières rotatives et des faisceaux émis, avait mis la zone en état d'alerte maximale.

Mais la pomme de terre du Colorado est remarquable précisément parce qu'on lui a attribué une explication, aussi faible soit-elle. La plupart des cas de PAN dans le corpus croissant du Pentagone restent non résolus, souvent parce que les données sont trop pauvres. Celui-ci a suscité une hypothèse physique spécifique, et cela n'a tout de même pas convaincu. Ce schéma reflète celui d'un comité déclassifié de la CIA de 1952-1953, inclus dans la même publication, qui conseillait de considérer que les soucoupes volantes ne posaient aucune menace physique, mais recommandait une politique officielle de « déboulonnage » pour dépouiller le sujet de son mystère. Le comité prévenait qu'une « psychologie nationale morbide » autour des ovnis pouvait être exploitée par des adversaires. Soixante-dix ans plus tard, le Pentagone tente toujours de trouver un équilibre entre la transparence et l'instinct institutionnel consistant à écarter les questions difficiles.

Ce que les fichiers ne disent pas

Le décret présidentiel de Trump exigeant une plus grande divulgation sur les ovnis a imposé un rythme que le Pentagone n'aurait peut-être pas choisi de lui-même. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a qualifié cette publication de « transparence sans précédent ». C'est sans précédent en volume, certes. Mais les dossiers sont plus lourds en récits qu'en preuves : entretiens, rendus artistiques et analyses sommaires qui se terminent souvent par un haussement d'épaules. Aucune donnée radar n'accompagne le cas du Colorado, aucune imagerie multispectrale, aucune mesure calibrée. Le rendu du FBI n'est pas une photographie ; c'est un croquis numérique basé sur un souvenir.

En Europe, la situation est encore plus calme. Aucune agence de l'UE ne gère un bureau public dédié aux PAN. Le centre aérospatial allemand, le DLR, ne possède aucun programme permanent pour analyser les signalements anormaux, et l'intérêt de l'Agence spatiale européenne s'arrête aux objets géocroiseurs de type astéroïdal. Lorsqu'une anomalie en forme de pomme de terre apparaît au-dessus du Colorado, les États-Unis publient au moins un dossier. Lorsqu'elle apparaît au-dessus de la campagne bavaroise, elle finit probablement comme une curiosité dans un journal local ou dans un fil de discussion Facebook. La transparence est relative, et à l'heure actuelle, la version américaine est une affaire désordonnée, contradictoire et parfois insatisfaisante. Mais c'est la seule option officielle disponible.

La pomme de terre au-dessus de Cheyenne Mountain reste non résolue. Les analystes du Pentagone affirment avoir un faible niveau de confiance dans leur propre explication. Ce n'est pas tant une conclusion qu'un espace réservé — une annotation pour un dossier qui ne sera peut-être jamais clos.

Sources

  • UFO Files, Release 03 (Pentagon, 13 June 2026)
  • FBI-UAP-D002, FD-1057 Unresolved UAP Report, Colorado Springs, 2022
  • ICA-UAP-D001 Analysis of the Colorado Springs UAP Incident
  • CIA-UAP-002 Scientific Advisory Panel on Unidentified Flying Objects Report (1952–1953)
Mattias Risberg

Mattias Risberg

Cologne-based science & technology reporter tracking semiconductors, space policy and data-driven investigations.

University of Cologne (Universität zu Köln) • Cologne, Germany

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Readers Questions Answered

Q Qu'ont vu les soldats de l'armée américaine près de Cheyenne Mountain en février 2022 ?
A Cinq soldats ont observé un grand objet translucide en forme de pomme de terre en train de planer silencieusement au-dessus de la montagne. Il était d'un blanc scintillant avec un aspect crémeux et opalescent, et sa surface présentait des ondulations lentes et irrégulières tout en restant stationnaire. Après environ deux à trois minutes, il a disparu instantanément comme s'il s'était dissimulé.
Q Quelle explication les enquêteurs du Pentagone ont-ils avancée pour cette observation, et quel est leur degré de certitude ?
A Les enquêteurs ont suggéré que la rétrodiffusion de la lumière solaire sur des nuages ou des cristaux de glace atmosphériques aurait pu créer cette illusion. Cependant, ils ont explicitement déclaré avoir une faible confiance en cette théorie, notant qu'elle n'explique pas entièrement la forme nette de l'objet, sa surface changeante et sa disparition soudaine, telles qu'observées par du personnel entraîné.
Q Pourquoi la théorie de la rétrodiffusion, jugée peu fiable, laisse-t-elle l'affaire sans résolution ?
A La théorie repose sur l'absence d'autres preuves plutôt que sur une correspondance probante. La description détaillée, fournie par les témoins, d'un objet solide se déformant lentement et resté immobile pendant plusieurs minutes contredit les phénomènes optiques atmosphériques transitoires habituels. Faute de données météorologiques et d'angles d'observation suffisants, l'explication reste une hypothèse provisoire plutôt qu'une conclusion définitive.
Q Quel est le contexte plus large de cette observation au sein de la troisième publication de dossiers sur les PAN du Pentagone ?
A Cet objet en forme de pomme de terre fait partie des 72 documents publiés, qui incluent également des observations d'orbes, des formations lumineuses coordonnées et un rapport de la CIA de 2008 sur un OVNI au Zimbabwe. L'observation du Colorado se distingue car elle a fait l'objet d'une hypothèse physique spécifique, tout en restant officiellement sans résolution, reflétant la lutte constante du Pentagone entre transparence et preuves non concluantes.

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